#Actus AlgoLinked Se préparer à communiquer pendant le mois de l’ESS – Interview de Coralie Diebold de Yes for Comm

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Bonjour Coralie, peux-tu te présenter et ton activité ?

Je m’appelle Coralie Diebold et je suis consultante en communication responsable pour les entreprises sociales et les associations. J’ai créé la marque Yes for Comm en 2018 pour me consacrer pleinement à l’ESS ! J’aide donc les entrepreneurs à améliorer la visibilité de leur projet afin de maximiser leur impact social. Je les accompagne sur la stratégie globale de communication et sa mise en oeuvre, c’est-à-dire tous les aspects de l’identité de marque au rédactionnel en passant le digital et les relations presse bien sûr !

 

Pourquoi l’Economie Sociale et Solidaire et pas un autre secteur ?

J’ai toujours travaillé dans l’associatif, l’humanitaire et la solidarité. J’ai été salariée du secteur associatif et j’ai vécu dans des pays en développement. J’y ai vu forcément des choses qui ne me convenaient pas, et également dans la façon dont on conçoit la mission des associations. Ensuite, je me suis lancée dans l’entreprenariat en créant mon agence de communication, et j’ai été confrontée à d’autres réalités, le monde de l’entreprise que je ne connaissais pas du tout ! De toutes ces expériences, j’ai découvert que l’entreprenariat social et l’ESS étaient la synthèse de mes aspirations et de ma vocation depuis le départ : contribuer aux initiatives qui ont un impact positif sur le monde et surtout apporter des solutions !

 

Pourquoi l’ESS, encore peu visible il y a 10 ans, connaît aujourd’hui un succès grandissant, notamment avec l’augmentation massive du nombre de structures dites ESS ?

Pour moi, il y a deux mouvements parallèles qui expliquent ce développement. Je crois que toute idée révolutionnaire a besoin de mûrir et de faire son chemin avant de susciter l’adhésion du plus grand nombre. Et cela prend du temps (même si nous avons du mal à l’accepter dans notre société de l’instantanéité) ! Au départ, il y avait les mouvements altermondialistes et écologistes, assez marqués politiquement, qui parlaient déjà de construire une économie différente plus soucieuse de l’humain et de l’environnement. Puis il y a eu un certain nombre de catastrophes naturelles et humaines qui ont attesté de l’urgence d’une prise de décision politique sur les questions de développement durable. S’en sont suivis les processus de l’ONU tels que les Objectifs du Millénaire pour le Développement en l’an 2000, et sa continuation avec les Objectifs de Développement Durable en 2015, qui allient des objectifs de développement économique à la protection de l’environnement et que presque tout le monde connaît aujourd’hui. Il y a eu aussi les mouvements de Responsabilité Sociale des Entreprises qui ont pointé du doigt les externalités négatives de certains secteurs et établi la responsabilité, notamment juridique, des entreprises polluantes.

De l’autre côté, il y a ce que l’on appelle le discours performatif : à force de parler d’une idée, elle finit par devenir réalité ! Et je crois que c’est à ce moment charnière que nous nous trouvons ! Tout le monde est très conscient des enjeux climatiques, les ressources s’épuisent, les jeunes ne veulent plus travailler, vivre et consommer comme leurs parents, on se rend compte que produire toujours plus et à n’importe quel coût n’a aucun sens, la mondialisation a fait prendre conscience à la majorité que nos actions à un bout de la planète ont des répercussions sur d’autres personnes et écosystèmes à l’autre bout du monde… Une seule solution s’impose dans ce chaos : changer de paradigme économique et de modèle de société ! Et c’est l’aspiration de nombreux entrepreneurs que de trouver des solutions innovantes pour répondre à tous ces défis ! La crise sanitaire, écologique et économique que nous traversons accélère aussi paradoxalement ce mouvement.

 

Elles se multiplient, c’est même presque « à la mode » pour certains alors pourquoi paradoxalement on n’en entend pas plus parler que ça en dehors de l’écosystème ESS ?

Difficile d’être juge et parti puisque je fais moi-même partie du monde ESS ! Si on se focalise sur le sigle, effectivement une majorité de Français ne le connaît peut-être pas.

Par contre, je crois que les notions de développement durable, de protection de l’environnement et d’entreprenariat social sont assez répandues, et populaires. Les médias et les politiques y consacrent tout de même une bonne part de leurs prises de parole. Ce qui est important au final est que les populations et les entreprises cherchent ensemble des solutions positives pour le bien commun même si on ne s’accorde pas sur un terme et sa définition ! Si on regarde bien, l’ESS n’est défini dans la loi française que depuis 2014, ce qui a ouvert à des statuts juridiques spécifiques.

 

Quelles sont les particularités des structures de l’ESS et de leurs besoins en communication ?

Les structures de l’ESS sont très exigeantes ! Elles ont les mêmes besoins que toute entreprise, être visible et attirer des clients, mais elles réclament de l’authenticité dans leur communication, et mènent des réflexions éthiques sur les moindres aspects de leurs prises de parole ! Par exemple, beaucoup de questions se posent pour les supports de communication, doit-on imprimer des flyers, commander des goodies ? Autour des événements, comment polluer et gaspiller le moins possible ? Aussi par rapport à l’usage du digital et sa consommation énergétique, quel coût environnemental pour de l’emailing, des vidéos, etc ? Egalement concernant le webmarketing, veut-on financer les GAFA qui violent régulièrement les lois et les droits humains ?

Tous ces questionnements, pour n’en citer que quelques uns, sont légitimes bien sûr et amènent souvent à de longues discussions pour trouver des compromis économiquement viables et atteindre les objectif de visibilité !

 

Par rapport aux médias, tu travailles avec tes clients sur leur stratégie de communication RP, quels sont les constats et les recommandations fréquentes ?

Souvent, les relations presse font peur aux petites structures, et surtout elles ne savent pas par où commencer, tellement l’océan des RP est vaste (et une stratégie RP souvent coûteuse) ! Ce que je conseille dans ce cas, est de faire des “micro-RP”, c’est-à-dire que je vais dans un premier temps identifier via internet et les réseaux sociaux, les médias et les journalistes spécialisés sur son secteur d’activité. Ensuite je prends contact grâce à Twitter ou LinkedIn avec un dossier de presse, pour susciter une première rencontre, un premier appel qui a pour objectif de présenter le projet. On peut également rencontrer des journalistes spécialisés sur des événements, des forums, des conférences de presse, etc.

Quand on a établi le contact, on peut alors créer une première liste de diffusion presse qui servira pour les communiqués de presse plus formels à venir.

Je dis régulièrement à mes clients que ce n’est pas le nombre qui fait la qualité ! Il vaut mieux avoir un fichier de 20 journalistes intéressés qui relaieront l’information, que 2000 qui ne vous connaissent pas et s’en fichent ! Et je crois beaucoup à la stratégie des petits pas : il ne faut pas forcément s’attendre à passer au journal TV national dès l’envoi du premier communiqué. Les relations avec les journalistes doivent s’établir dans le temps, d’où l’intérêt de commencer relativement tôt dans le projet. Mais pas trop tôt non plus, c’est tout l’enjeu ! On va dire que dans la communication, il n’y a pas vraiment de droit à l’erreur…

Après évidemment, je rédige les communiqués de presse et les articles, je peux faire du média training, relancer et répondre aux journalistes, proposer l’achat d’espaces publicitaires… Cela dépend vraiment des cas de figure et des demandes. Je m’adapte aux besoins.

 

Penses-tu qu’un outil tel qu’AlgoLinked pourrait convenir à ces structures et si oui comment ? – attention pas le droit de copier notre pitch 😉

L’intérêt d’Algolinked pour moi est de démocratiser l’accès aux RP à toutes les structures. Plus besoin d’acheter un fichier presse à prix d’or, qui n’est peut-être même pas à jour !

Votre solution permet un tarif abordable pour se lancer et se constituer une base de contact. Je le recommande à tous ceux qui débutent dans ce domaine, et également aux professionnels comme moi car il est impossible de connaître tous les médias et tous les journalistes de tous les secteurs ! L’algorithme fait le tri pour nous, et c’est très pratique ! Avec la certitude que notre CP ne passera pas à la trappe.

 

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